Arrivé à Montréal à 3 ans pendant la Solidarność polonaise, le chansonneur en devenir absorbe tout de sa nouvelle ville d’adoption et apprend à célébrer le pas propre de ses quartiers ainsi que les petites légendes de ses habitants. Lui qui a tant admiré Dany Laferrière en grandissant pourrait affirmer aujourd’hui qu’il a réussi à poser le même regard que lui sur sa ville d’adoption, avec sa verve tout aussi particulière.
Grandement influencé par le blues, il se produit d’abord en faisant des reprises de cette musique touchante et vraie, pour ensuite prendre ce touchant et ce vrai, et les inscrire dans ses propres textes, en français. C’est ainsi que nait Brun, album de toutes les consécrations, qui paraît sur Grosse Boîte en octobre 2009. Un hybride de blues, de jazz typique de New Orleans, où Adamus couche ses histoires de bonnes femmes, de brosses, d’amis, traversées par une interprétation sentie qui vogue entre la grande chanson française et le rap new-yorkais.
Brun est salué par la critique et l’artiste se voit aussi récompensé par le Festival de la Chanson Petite-Vallée, qui lui remet 6 de ses 10 prix. Un déluge de récompenses suit : la SOCAN lui remet le Prix Echo de la chanson pour sa pièce « La question à 100 piasses », il remporte les Francouvertes, le Grand prix de la relève Archambault, est sacré Révélation de l'année à l'ADISQ, se mérite 4 prix GAMIQ, est en nomination en tant qu’Artiste francophone aux Juno's et se voit remettre le Prix Félix-Leclerc. Bref, la liste est longue. À tous ces prix s’ajoutent des centaines de spectacles au Québec, au Canada, incluant une tournée des festivals, la grande scène des FrancoFolies de Montréal, deux tournées en France dont une participation aux Francofolies de Larochelle.
C’est en septembre 2012 que Bernard Adamus revient à la charge avec N° 2, où l’on retrouve sa prose incroyable, magnifiquement servie par un groupe qui le connait par cœur après cette longue tournée, des invités pas piqués des vers. En résultent des arrangements qui défoncent et donneront à ce deuxième opus tout le coffre dont on s’attend d’un chanteur de cette grandeur.
Après Brun, le déluge, et voilà Bernard Adamus qui revient avec son nouvel album, N° 2. C’est à nouveau Eric Villeneuve qui porte le chapeau de capitaine-réalisateur, entouré essentiellement des musiciens qui ont fait le succès de la précédente tournée, en plus de quelques invités de marque. Par contre, histoire de shaker un peu tout ce câline de blues, on a fait appel à Pierre Rémillard pour la prise de son et le mixage, lui de qui on a célébré le travail dans la scène métal, punk et hardcore, en plus d’y retrouver aussi Érick Jarry qui avait participé au le premier opus.
Si le chansonneur continue de séduire avec ses chansons touchantes, bercées par le mal-être, mais aussi par la joyeuse intensité de ceux qui veillent tard, il n’en demeure pas moins que N° 2 présente des moments de grâce. « Arrange-toi avec ça », premier extrait, avec sa contrebasse pas possible, ses percussions lourdes et les arrangements de voix des filles de Canailles, groupe de bluecrass qui a maintes fois partagé la scène avec le grand Pollack à la langue jouale. « Ouais ben » est amplifiée au possible et nous ramène à la belle époque de Gros Mené, « Entre ici pis chez vous » est menée par un piano possédé, tant de détails qui élèvent ce nouvel album au-delà d’où Brun avait charmé.
L’album paraîtra le 25 septembre prochain; en vous promettant que N° 2, ça torche.
1. Les obliques
2. Entre ici pis chez vous
3. Fulton Road
4. Ouais ben (mescaline version)
5. Arrange-toi avec ça
6. 2176
7. Ouais ben
8. Le scotch goûte le vent
9. Les p'tits mardis
10. Le problème
11. La dilligence
12. Les chemins du doute
Un des grands classiques de Bernard Adamus en concert, « Rue Ontario » paraîtra enfin et en format 7" (un vinyle, certainement) et CD simple. En effet, la chanson à répondre préférée des taverniers sort en version live et aussi en version remix, une gracieuseté de la mystérieuse et talentueuse MHMHMH. Un classique de plancher de danse en devenir.
Grosse Boîte ré-édite Brun, que l’ancien Révérend (il est plutôt question de son ancien nom de scène que d’un obscur passé religieux) avait fait paraître en mai dernier de façon indépendante. Dans les mots de Bernard, on pourrait qualifier l’album de « gospel urbain nappé d’une sauce country-blues à l’ancienne » ou, dans nos mots à nous, « ce qu’on a entendu de plus touchant depuis longtemps. » L’auteur-compositeur-interprète nous présente un portrait noir (ou brun?) de l’Est de Montréal, en y opposant des personnages hauts en couleur. Mais Brun livre aussi des moments d’introspection, comme sur « Acapulco » ou « La question à 100 piasses », cette dernière ayant d’ailleurs été récompensée du prix Echo de la SOCAN en octobre 2009. Et tant qu’à être dans la catégorie des prix, il est important de mentionner que Bernard avait « passer la gratte » comme disait Bande à part, Festival de la chanson de Petite-Vallée de 2009, en remportant 6 des 10 prix offerts. Le brun, c’est beau.
1. Cauchemar de course
2. Brun (la couleur de l’amour)
3. La question à 100 piasses
4. Le bol...
5. La brise
6. Les raisons
7. Avec les doigts de ma main (Alcoologie)
8. Le fou de l’île
9. Acapulco
10. Le cimetière
11. ... de toilette
12. La foule
13. Y fait chaud